Scénario de Claudio Nizzi, dessins et couverture de Ivo Milazzo. Nizzo vient centrer quelques thèmes dans un seul scénario : une réflexion sur la vie lorsque l'on atteint un certain âge, dans la figure de Howard McLean. Ce que nous avons fait, mais oú nous avons fait une erreur. L'histoire peut être lue différemment : un conflit de génération entre ce même personnage et ses fils, surtout avec son fils héritier Guy. Et bien sûr une dychotomie entre les différents comportements, fruit de traditionnel conflit générationnel.
Howard, le patriarche, a toujours porté en lui des comportements et des valeurs, tandis que ses fils menacent les autres, l'un pour la luxure et la fortune, l'autre pour les femmes. La différence est dans la manière et le style par lesquels la famille McLean est vue : avant elle était respectée, maintenant elle est crainte et haïe. Nizzi assume plus ou moins bien une critique bie nactuelle de notre société, et qu iavait déjà tout son sens dans celle de l'Ouest américain. L'auteur révèle au lecteur la différence entre une certaine limite et le "tout avoir", et cette différence est incarnée par le père et le fils, par deux générations.
La caractéristique que nous apprécions le plus chez Nizzi est sa capacité à ébaucher ses scénarios (même si parfois
ils n'atteignent pas une denstié nécessaire), à les diviser de manière efficace et cohérente, sans perdre leur corrélation. Dans Sang sur le Colorado, l'auteur met en pratique cette
caractéristique, dans une première phase où Tex planifie la libération de son fils Kit, puis dans laquelle il profite aussi pour présenter les personnages clés de la deuxième phase, à savoir la
lutte des mineurs contre les ambitions de Guy McLean, finissant par le dénouement final, ou les luttes et les révélations atteignent leur apogée, comme une tragédie grecque.
Le dessin de Milazzo est synthétique, une vraie économie de moyen qui finit par fonctionner dans un panorama général. Cependant, avec une analyse plus soignée, on découvre facilement quelques
fautes et des omissions, voire même des erreurs grossières. Mais c'est le style du dessinateur : représenter quelque chose de complet avec le minimum de coups de crayon.
Milazzo joue beaucoup avec les effets de clair-obscur, avec des ombres mêmes dans les scènes diurnes, démontrant ici
aussi tout son synthétisme.
Son Tex nous paraît aussi un peu vieilli, comme chez De La Fuente, par exemple. Le style de Milazzo n'est pas étranger non plus dans la composition faciale du ranger, au travers de plusieurs expressions de gros plan, où son regard prend certains traits typiques des aventures de Ken Parker. J'avoue ne pas être un grand admirateur du style de Milazzo, mais, au fond, il arrive à faire un travail respectable dans la composition du ranger.
Texte de Mário João Marques et de Camilo Prieto.
Tex - Sang sur le Colorado.
Une publication des éditions Clair de Lune.
En vente en libraires (Fnac, Virgin, Mollat Bordeaux).
12,90 euros.
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